poignant. divertissant. accessible - Les Éditions Visceral Ltée.
  • 14 novembre 2009

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    Atrium, centre socioculturel de Brossard 7905 av. San Francisco Merci mille fois ! Quelle belle fête; 121 personnes ! ...
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Collection Demie Portion

Extrait

Des centaines de lucioles valsaient harmonieusement devant ses yeux, formant des images féeriques, mais bien réelles, d’astres et des constellations du système solaire, qu’il connaissait si bien. Il était impressionné par la précision des images fluorescentes. « C’est comme une intelligence commune qui les amine. Comme les abeilles », se dit-il. Il se rapprocha de la forêt, ensorcelé par ces images lumineuses. Les yeux levés vers le spectacle, il ne vit pas les petits êtres qui se déplaçaient au ras du sol avec leurs cordelettes et qui l’entouraient. Et d’autres qui étaient perchés dans les branches des arbres aux alentours, le guettant, attendant qu’il mette enfin le pied dans le piège expressément conçu pour lui.

William se rapprochait de l’essaim lumineux à l’orée de la forêt. C’est alors qu’il distingua, non loin derrière, un chevreuil. Un majestueux mâle, dont l’impressionnant panache semblait emmêlé dans des cordelettes scintillantes… Il fronça les sourcils de surprise devant ce gros mâle si près de la maison. Il fit un pas de plus, et son pied se coinça dans le collet. Le chevreuil se cabra soudainement, tel un cheval, et s’élança en courant dans la noirceur de la forêt. Au même instant, des cordelettes miniatures se resserrèrent fortement autour de William, le ligotant du même coup. Il fut projeté sur le dos et tiré dans la forêt à vive allure, les pieds devant ! Il hurla de peur en lâchant ses bâtonnets de flammèches. Le puissant chevreuil le tira sur une longue distance sur le sol humide à travers les fougères, les feuilles mortes et les arbres de la vieille forêt par cette nuit sans lune.

Ficelé comme un saucisson et les yeux écarquillés de peur, il regardait des petits bonshommes sauter sur sa poitrine et s’empresser de couvrir sa bouche d’une pâte épaisse et collante, la scellant du même coup. Les petits êtres, hauts d’une quinzaine de centimètres et coiffés d’un chapeau rouge pointu, s’accrochèrent à ses vêtements durant cette courte, mais intense virée. William remarqua avec désarroi qu’ils s’exclamaient de joie, visiblement fiers de leur exploit, tandis qu’il filait à vive allure sur le dos.

La fête battait son plein près du vieux chêne et personne n’avait entendu ses cris. La course folle du mammifère s’arrêta enfin au pied d’un vieil et majestueux érable aux énormes racines qui sortaient du sol. Incapable de bouger, William était terrorisé et se tortillait en tentant de hurler malgré sa bouche collée. Les ficelles étaient étonnamment résistantes, et William se débattit de plus belle en voyant les petits bonshommes insérer des limaces d’un jaune orangé dans ses oreilles. Dégoûté par la sensation visqueuse et froide, il hurla de plus belle dans le silence de la forêt.